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canicule 2003

  • SOUVENIRS D’UNE CANICULE A VANVES EN 2003 MOINS FORTE, MOINS LONGUE ET PLUS DEVASTATRICE QUE 23 ANS PLUS TARD

    Cette canicule que vit Vanves n’a rien à voir avec la canicule de l’été 2003 qui avait surpris tout le monde en plein Août. Elle est plus tôt, en Juin, plus longue d’un ou deux jours (16 jours en 2003),  plus forte puisque la témpérature a dépassé les 40° (35,5° le 12 Août 2003).  Seules quatre vagues de chaleur sur les 52 qu’a connues la France depuis 1947 – dont les 2/3 se sont produits depuis le début du XXIéme siécle - se sont étalées sur une si longue période.

    Comme l’ont remarqué les observateurs « les derniers jours ont jeté une lumière crue sur le manque de préparation du gouvernement, des écoles – avec des parents obligés de recourir au système D pour limiter l’envolée des températures » - et des transports - 1 train sur 10 a été supprimé dans notre région -  avec des appels aux urgences qui ont commencé à bondir ». Le préfet de police de Paris a évoqué jeudi soir une « saturation » des hôpitaux à Paris et dans son agglomération. « On commence à avoir et on s'y attendait, (...) les premiers décès probablement liés aux températures extrêmes. Ces décès ne concernent pas que des personnes âgées déshydratées, mais aussi des jeunes qui font des arrêts cardiaques » selon son cabinet. L'AP-HP a rapporté jeudi soir que son niveau d'activité, déjà « haut », poursuivait son augmentation aux urgences, avec les plus de 75 ans représentant 18% des passages. Le plan Blanc dans les hôpitaux et les établissements de santé a été déclenché par l’ARS (Agence Régionale de Santé) vendredi. 

    Voilà 16 ans,  la fréquentation de la Piscine municipale  battait des records : 600 entrées en moyenne par jour, ainsi que les grandes surfaces où les vanvéens venaient souvent acheter un produit puis revenaient pour un autre afin de profiter de la fraîcheur donnée par les rayons réfrigérés qui climatisaient en quelque sorte notre magasin. « Ce qui créait une sorte de convivialité sympathique qui ne coûtait rien à personne » témoignait à l’époque Vincent Brossard, directeur d’Intermarché. Comme aujourd’hui, même si cela est moins spectaculaire, il y a un sentiment de déjà vu. Mais des signes ne trompent pas, comme ses enfants revenant de l’école, s’aspergeant d’eaux avec leurs bouteilles, puis terminant tous habillés (légérement) dans le petit bassin de la place de la République, comme ses terrasses archi remplies en fin de journée. 

    Les maisons de retraites sont mieux préparés, équipés mobilisés aujourd’hui, avec un espace fraicheur. Mais heureusement Vanves n’avait pas connu, voilà 23 ans, d’hécatombe comme certains villes voisines « même si on a recensé 16 à 17 décés durant cette période (au lieu de 5 en 2002), dont certains n’étaient pas liés à la canicule» remarquait le directeur de la Maison de Retraites Larmeroux de l’époque qui avait vécu une période très dure. « On s’en est bien sorti dans la mesure où nous n’avons eu aucun décès dû à la canicule parmi nos 62 résidents sauf 2 qui avaient une pathologie assez lourde et revenaient de l’hôpital. Nous avons eu 6 gros coup de chaleur (40,6°) mais ils s’en sont sortis grâce au personnel qui a veillé notamment à l’hydratation des résidents avec l’aide notamment pendant le week-end de 2 secouristes de la Croix Rouge ».

    Cinq secouristes de l’antenne Vanves-Malakoff de la Croix Rouge avaient été mobilisés entre le 11 et le 17 Août 2003 pour soutenir efficacement les pompiers, le SAMU,  les hôpitaux, et les maisons de retraites, dont deux à la Maison de retraites Larmeroux. « Les secouristes y ont effectué des rondes toutes les heures pour aider les aides-soignantes à faire boire et à alimenter les pensionnaires ».

    La Police Nationale avait, malgré tout, dû intervenir plusieurs fois pour constater des décès, naturels bien sûr, et notamment 7 fois entre le 11 et le 14 Août 2003, chez des personnes très isolées, sans ou peu de visites. Les prêtres de Saint Remy et de Saint François étaient surbookés : Ils avaient dû célébrer 17 obsèques en Août, avec une moyenne de 5 à 7 après le 15 Août, les Pompes Funébres étant engorgées.

    Dés l’été suivant, Vanves qui s’était associé au plan anti-canicule du département des Hauts de Seine (Vermeil 92) mettait en place un dispositif d’urgence ainsi qu’une veille des personnes isolées effectuées par le CCAS. Ces dispositifs se sont renforcés et affinés au fil des années en montrant leur efficacité lors des canicules qui ont suivis, comme celle que nous vivons. D’autant plus que l’attention collective affichée en direction des publics les plus fragiles, s’est renforcé. « Aujourd’hui, on a l’avantage d’être en Juin, les voisins, les familles sont là, les personnes vulnérables sont moins isolées ». Ce qui n’était pas le cas en Août 2003.

    Maintenant, la municipalité met en place une cellule de crise pour suivre au jour le jour la situation, et prendre les mesures nécessaires, comme la création d’espaces fraicheurs,  des extensions d’horaires d’ouverture du parc F.Pic (et de la piscine municipale), des fermetures d’écoles et des centres de loisirs avec mise en place « d’un accueil spécifique organisé pour les enfants dont les parents sont mobilisés pour gérer la crise en cours » comme ce fut le cas lors du confinement lors de la crise sanitaire provoqué par la pandémie du COVID-19 etc….

  • JUILLET/AOÛT 2003 : VANVES EVITE LE PIRE GRACE A UNE BONNE REACTIVITE (suite et fin)

    Finalement, un bon quadrillage des personnes âgées par les différents services municipaux ou para municipaux, et une bonne réactivité de ses responsables, ont permis d’éviter le pire,durant cet été 2003 caniculaire  comme le racontait Maryse Aonnepel, alors infirmière coordinatrice des services de soins à domicile de l’Institut Lannelongue : « J’ai fait tout d’abord un rappel à nos aides soignantes et à nos infirmières  sur la déshydratation de la personne âgés et le mode d’observation pour savoir la dépister sur la plan médical. J’ai édité d’autre part une petite feuille de route avec des consignes qu’elles pouvaient laisser au domicile des patients. Moyennant quoi, on n’a pas eu de soucis particuliers avec les 46 patients que l’on avait en charge dont 6 étaient en vacances. Un seul d’entre eux a eu un problème d’hypothermie qui n’a pas nécessité une hospitalisation ». Le CCAS constatait un peu plus tard que  « l’action efficace des personnels du réseau santé vanvéen, avait permis de limiter les dommages humains. Des mesures d’attention particulières ont été immédiatement mis en place : achat de brumisateurs, distribution d’eau, incitation des personnes âgées à prendre desdouches, à s’hydrater ».

    « Après les événements dramatiques  de cet été dû à la canicule, il fait rappeler l’importance de renforcer les liens qui nous unissent tant au sein es familles que dans le cadre professionnel, amical, des relations de voisinages, de quartier… les associations constituant l’un des maillons qui assurent la cohésion du tissu social » avait réagi Bernard Gauducheau dans son éditorial du Vanves Infos d’Octobre 2003 qui faisait paraître un article sur « la Croix Rouge contre la canicule » dans lequel Pascal Marrel, alors directeur de l’antenne vanves-Malakoff de la croix Rouge soulignait que « l’action de nos secouristes a apporté un soutien psychologique  important que les autres services de secours n’avaient pas le temps de donner. Au cours de nos interventions, nous essayons toujours de trouver des solutions pour les victimes fragilisées ou démunies ». 

    L’été suivant, Vanves qui s’était associé au plan anti-canicule du département des Hauts de Seine (Vermeil 92) mettait en place un dispositif d’urgence, une veille des personnes isolées, un petit fascicule recensant les risques,  les gestes de prévention et de secours, une équipe au CCAS chargé d’entretenir des liens avec les personnes les plus fragiles et isolées, pouvant même intervenir chez les personnes âgées.  Les aides à domiciles municipales avaient été sensibilisées sur les symptômes nécessitant une alerte médicale. Tout un dispositif qui s’est renforcé au fil des années, des canicules, et qui a été bien utile lors de la crise sanitaire, avec notamment la mise en place d'un réseau municipal de solidarités constitué de bénévoles. 

    Dix ans après, lors d’une brève période de canicule qui avait marqué la seconde quinzaine de Juillet 2023, le maire de Vanves donnait une idée du plan anti-canicule mis en place par la ville depuis maintenant 10 ans, en dressant un bilan sur son blog fin Juillet des deux vagues : Autour des 21 et 22 Juillet puis des 27 et 28 Juillet. «Sur les 249 foyers recensés, 36 foyers ont été évalués très vulnérables et/ou isolés, classés en drapeau rouge et donc ont fait l’objet d’un suivi régulier, 132 foyers ont été évalués fragiles avec le déploiement d’aides et classés en drapeau orange, 57 foyers ont été évalués en bonne forme physique et psychologique et très entourés et classés en drapeau vert, 24 personnes n’ont pas pu être évaluées pour diverses raisons (hospitalisations, vacances, etc.)  », en revenant sur les 6 interventions réalisés le 20 Juillet par l’agent d’astreinte, surtout pour faire boire de l’eau, rafraîchir, réconforter des personnes très âgées et isolées, l’une d’entre elle étant hospitalisée suite à une déshydratation. Et en rappelant que « l’agent canicule et les agents d’astreinte appellent régulièrement toutes les personnes inscrites et leur proposent systématiquement des visites. Dans l’ensemble, les personnes sont très satisfaites du service et vont bien, même si les fortes chaleurs s’avèrent pénibles. En parallèle, le Pôle senior a sollicité leur partenaire Europassistance pour lancer une campagne de prévention canicule avec un message préenregistré et rédigé par leur service (différents conseils et coordonnées d’urgence) auprès des bénéficiaires de la téléalarme ».

    Il n’en reste pas moins que l’opposition municipale et notamment les écologistes avec M.Lipinski, C.Naviaux, B.Goussault avaient signé une tribune dans le Vanves Infos de Septembre avec ce titre : « Assez d’hypocrisie » en constatant que « l’été qui s’achéve aura été révélateur. Nos responsables tiennent de grands discours sur l’environnement, mais ils autorisent les centrales de production d’électricité à rejeter dans les fleuves, des eaux de plus en plus chaudes. Aux poissons de s’adapter ! Ils versent des larmes de crocodiles  sur le délabrement du service public de santé aprés avoir systématiquement restreint les budgets des hôpitaux. Ils expriment leur compassion pour les vieux victimes par milliers de la canicule aprés avoir diminuer le nombre et le montant des APA». Sans l’exprimer clairement, ils mettaient déjà  en exergue, les problématiques qui sont 20 ans après d’actualité,  d’isolement et de de solidarité avec nos ainés, de santé avec le devenir de  l’hôpital, de l’urbanisme et du Climat avec la lutte contre la sécheresse, le déréglement climatique et l’adaptation de nos villes aux canicules.

  • JUILLET/AOÛT 2003 A VANVES : UN ETE CANICULAIRE MAIS PAS MEURTRIER

    Quel contraste à Vanves, entre l’été 2023, frais,  agréable et  souvent humide comme on le constate ces jours-ci, et l’été 2003, voilà 20 ans, caniculaire pendant 3 semaines en Août avec un pic entre les 11 et 14 Août 2003. Elle a permis à Vanves, comme à de nombreuses communes, de mettre en place un plan anti canicule qui s’est affiné au fil de ses 20 années

    La canicule de 2003 reste identifiée comme la vague de chaleur la plus forte qu’a connu la France métropolitaine depuis le début des mesures (1947). Elle est survenue dans un été lui-même exceptionnel : l’été 2003 est encore aujourd’hui l’été le plus chaud qu’a connu la France, devant l’été 2022. Dès juin 2003, une vague de chaleur s’abat sur le sud du pays. En juillet, un second épisode touche la métropole. Début août, le mercure grimpe à nouveau pour atteindre des niveaux de chaleur jamais atteints, sur tout le pays et sur une grande partie de l'Europe Occidentale.La vague de chaleur d’août 2003 a été exceptionnelle par sa durée (deux semaines) entre le 2 août et le 17 août, son intensité et son extension géographique, parmi les 46 vagues de chaleur identifiées entre 1947 et 2023. Début août, la station météo de Paris-Montsouris alertait finalement sur l'accumulation de températures anormalement élevées. La canicule arrivait avec un niveau de durée exceptionnelle. Le 6 Août, on atteignait presque 40°c, les services de santé et les pompiers voyant leur activités augmenter

    Premiers concernés, les seniors commencent à être victimes de malaises ou d'hyperthermie. La situation s'aggrave et ressemble de plus en plus à une crise sanitaire. Les hôpitaux dénoncent l'inactivité du gouvernement, alors que les personnes âgées défilent dans les services d'urgence. Dans les EPHAD, c'est la panique, le système D, tous les linges sont humidifiés et les ventilateurs tournent à plein régime. Cela ne suffira pas. Pour la première fois, un nombre de morts «liées à la chaleur» est publié dans les journaux. Les conseils pour lutter contre la chaleur pullulent. Les corps s'accumulent, l'Institut médico-légal ferme, certains transports sont immobilisés et bientôt, on manque de place pour stocker les cadavres. Des entrepôts de Rungis sont réquisitionnés pour installer les défunts. On compte alors près de 2 000 morts en Île-de-France. À la fin de l'été, ils seront presque 20 000 dans tout le pays. 

    A Vanves, « Certains clients venaient souvent acheter un produit puis revenaient pour un autre afin de profiter de la fraîcheur donnée par les rayons réfrigérés qui climatisaient en quelque sorte notre magasin. Ce qui créait une sorte de convivialité sympathique qui ne coûtaient rien à personne » témoignait Vincent Brossard alors directeur d’Intermarché dans le Journal de Vanves de Septembre 2003, mensuel d’informations locales en donnant quelques chiffres : « La canicule a fait exploser nos ventes de produits qui apportaient un sentiment de fraicheur : fruits (pêches), légumes (melons), surgelés, glaces, boissons non alcoolisées, eaux, soda dont on n’arrivait plus à recharger les rayons. Les ventes d‘eaux minérales ont triplés (+300ù) avec 5000 bouteilles d’eaux minérales vendues en une seule journée ainsi que le rayon atomiseur ». Son collègue de Champion (maintenant Carrefour Market) faisait le même constat. La fréquentation de la piscine municipale qui  avait été quelques semaines auparavant baptisée du nom de Roger Aveneau ancien conseiller général et maire adjoint de Vanves en présence de Kiki Caron, ex-championne de France de Natation, battait des records : 600 entrée sen moyenne par jour durant la première quinzaine d’août, avec une baisse à 250/400 entrées après. Le service des sports veillait à bien arroser la pelouse du terrain d’honneur de football du PMS André Roche. 

    Heureusement, Vanves n’a pas connu d’hécatombes comme certaines villes voisines « même si on a recensé  16  à 17 décès (contre 7 en Juillet) dont certains n’étaient pas liés à la canicule » notamment à la Maison de Retraites Lameroux qui avait vécut une période très dure selon le témoignage de son directeur de l’époque, Christian Jonchery : « On s’en est sorti dans la mesure où nous n’avions  aucun décés dû à la canicule parmi nos 62 résidents sauf 2 qui avaient une pathologie assez lourde et revenaient de l’hôpital. Nous avons eu 6 gros coup de chaleur (40,6°), mais ils s’en sont sorti grâce au personne qui a veillé notamment à bien hydrater les résidents avec l’aide notamment le week-end, de 2 Secouristes de la Croix Rouge ».

    D’ailleurs, cinq secouristes de l’antenne Vanves-Malakoff de la Croix Rouge, avaient été mobilisés entre le 11 et le 17 Août pour soutenir efficacement les pompiers, le SAMU, les hôpitaux, les maisons de retraites dont deux à la Maison de retraites Larmeroux. « Les secouristes ont effectués des rondes toutes les heures pour aider les aides soignantes à faire boire et alimenter les résidents » indiquait Pascal Marrel alors directeur de la délégation local. Il ajoutait que «dés le 9 Août, nous avons fait 10 Interventions dans la journée contre 5 habituellement. Le 11 Août, le pic de chaleur a entrainé une importante augmentation du nombre d’appels de secours. Le SAMU 92 a demandé à la Croix Rouge d’avancer l’ouverture de son réseau de secours pour faire face à la situation. Pendant une semaine, les bénévoles de l’association se sont démenés pour prévenir et soulager les souffrances des victimes de cette catastrophe. Au plus fort de la vaguez de chaleur, la moyenne des interventions était montée à une heure par jour ».   La police a dû intervenir 7 fois pour constater des décès de personnes isolées, sans ou peu de visites entre le 11 et le 14 Août. Les prêtres n’ont pas chômé en célébrant 5 à 6 obsèques par semaine dans la dernière quinzaine d’Août, soit 17 en Août, les Pompes funèbres étant engorgées.

    A SUIVRE….