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rencontres de la mémoire

  • LA LICRA VANVES RECOMPENSE LE TRAVAIL DE MEMOIRE DES COLLEGIENS DE SAINT EXUPERY

    Lors de sa 34e Assemblée Générale, mardi dernier, la section Licra de Vanves a remis le prix «Mémoire»  attribué à 19 élèves de 3éme du collège Saint Exupery pour avoir décrit avec des mots empreints de justesse et de sensibilité ce qu’ils ont retenu des témoignages des rescapés des camps nazis en Février 2018 lors des «Rencontres de la Mémoire», dont le prix d’honneur à Rokia Pericard, pour sa chanson « Exil » qu’elle a composé.  

    Monique Abecassis a lu chacun de leur texte très émouvant, sur fond de photos sur ses rencontres. Deux rescapés des camps qui les ont marqués. Preuve que ces témoins ont laissé des traces chez ces 3000 jeunes qui ont participé au fil du temps à ces rencontres comme le notait sa présidente, heureuse d’annoncer que des professeurs du lycée Michelet l’ont sollicité pour organiser de telles rencontres pour les éléves de 1ére. «Ces rencontres de la mémoire sont un témoignage vivant de leur programme d’histoire. C’est un devoir pour ces témoins de parler et d’expliquer comment sont morts des millions de femmes et d’hommes parce qu’ils étaient juifs, tziganes. D’autant plus à l’heure où notre jeunesse voit comme nous, cette montée du nationalisme dans certains pays, il est nécessaire de perpétuer cette mémoire !»

    Comme chaque année, la présidence de la Licra Vanves a dressé un état des lieux en constatant une baisse de 16% des actes racistes mais une augmentation de 26% des actes violents. Si les atteintes aux sépultures sont en baisse, 22% concernent encore des tombes juives. Sur Internet, les insultes et les menaces restent impunis. On peut penser que cette violence verbale suscite un passage à l’acte. Sans compter cette vidéo du rappeur « Mort aux blancs ! » sur Internet. Isabelle Debré Vice présidente de l'Enfance Bleue s'est inquiété justement des réseaux sociaux contre lesquels il faut lutter contre sans complaisance.  A Vanves, les événements marquants en dehors des cérémonies du souvenirs, des rencontres de la mémoire a été l’inauguration de la promenade Simone Veil sous le soleil, la plantation de  l’arbre de la liberté, sous la pluie, ce qui lui a permis de conclure : « Que le Vivre Ensemble s’épanouisse comme cet arbre ». D’ailleurs, comme l’a exprimé le maire, « on n’a pas à déplorer de tels débordements à Vanves ! – Il y en a eu ! Mais c’est dans le Vivre ensemble qu’on peut agir. Et où on est attendu justement pour les éviter » a-t-il expliqué en prenant l’exempe de ce CLPD mis en place par son prédécesseur Guy Janvier, présent, qui permet d’échanger sur les difficultés identifiés par tous les acteurs locaux de la sécurité et de la prévention. Tout en annonçant que Vanves pourrait s’inscrire au concours national Halimi avec ses établissements scolaires.

  • LE SOUCI DE LA LICRA DE VANVES, D‘INSTRUIRE POUR NE PAS OUBLIER, DEVANT CETTE FLAMBLEE D’ACTES ANTISEMITES ET RACISTES

     Cette 30éme assemblée Générale de la LICRA Vanves lundi dernier a rassemblé plus de 50 vanvéens et l’ensemble de l’échiquier politique locale avec Bernard Gaudcheau (UDI) qui a dû se rendre sur le Plateau à la suite d’un incendie, Isabelle Debré sénateur (UMP) et Guy Janvier (PS). Monique Abécassis, sa présidente, avait invité Pierre Osowiechi Vice Président du Comité Français pour le Yad Vashem, qui a présenté l’exposition « Désobéir pour sauver » réalisée par l’ONAC (Office National des Anciens Combattants et Victimes de guerre). Un hommage aux 54 policiers et gendarmes élevés au rang de « Justes parmi les Nations » en 2009. « Elle met en lumière les valeurs humaines et citoyennes de ces hommes qui désobéirent au régime de Vichy, encouragés par la seule voix de leur conscience » a-t-il expliqué en citant quelques uns d’entre eux avant que les participants découvrent cette exposition dans la salle Henri Darien de l’hôtel de ville. Elle était un prolongement au témoignage l’année dernière de Philippe Maillard, petit fils d’Yvonne Maillard,  élevée à titre posthume, en 2007, au rang de « Juste parmi les Nations » et de Pierre Osowiéchi vice président du Comité Français pour le Yad Vashem, lui-même sauvé par des Justes. « A Vanves nous nous devions de célébrer cette France qui s’est élevée contre la barbarie nazie et la transmettre en exemple au monde d’aujourd’hui ».

    Cette assemblée générale est l’occasion, pour Monique Abécassis, de donner « une vision de l’évolution du racisme et de l’antisémitisme dans notre pays »chaque année. » Force est de constater qu’une flambée  des actes antisémites s’est produite  pendant certaines manifestations de 2014. Ces actes ne sont pas seulement  plus nombreux, ils sont aussi plus violents.  Selon le  Ministère  de l’intérieur les chiffres de tels actes pour la période de Janvier à juillet de cette année auraient augmenté de 91% : 527 actes et menaces ont été enregistrés contre 276 en  2013. Derrière ses 527 actes et menaces antisémites, il y a des noms, des visages, des histoires, des humiliations et des souffrances » a-t-elle insisté. Elle a relevé deux pics importants : Le premier en janvier après l’affaire Dieudonné qui a été condamné devant la cour d’appel de Paris et lors de la manifestation « jours de colère » organisée par une coalition de mouvements opposés au gouvernement, le 26 janvier à Paris. « Des slogans racistes violemment antisémites et homophobes avaient étés scandés. En même temps les réseaux sociaux étaient inondés de messages déposés en flux continu d’une extrême violence et particulièrement haineux ».

     

    INQUIETUDES ET ESPOIRS

    Le second  a été relevé le 13 juillet  lors de la manifestation de soutien  au peuple palestinien. « Des fanatiques surexcités se sont retrouvés près de certains lieux de cultes parisiens pour « casser du juif ». Ce n’est  hélas pas la première fois que le conflit israélo palestinien est exploité et détourné sur notre territoire par ceux qui distillent la haine depuis trop longtemps déjà. Chacun dans notre pays est libre d’avoir la lecture qu’il souhaite des événements qui endeuillent le Proche Orient. Chacun est libre de manifester son soutien à l’un ou l’autre camp, mais nul n’a le droit de hurler des slogans racistes, d’attiser la haine, de mener des expéditions punitives dans des lieux de culte ou de vandaliser des commerces comme ce fut le cas à Sarcelles ». Elle a fait part de ses inquiétudes  de voir « la société,  prise en tenaille entre les islamistes radicaux et la montée d’une extrême droite,  héritière de Vichy. Les crispations identitaires de chacun ont tendance à se nourrir entre elles et se rejoindre dans une haine commune de la démocratie et des juifs. La banalisation du FN accroît sa capacité de nuisance, mais le climat raciste n’est pas réductible à ce parti. Il est diffus, se trouve partout dans la société française et même dans certains groupes de gauche ».

    Elle n’en a pas moins relevé quelques éléments d’espoirs comme ce rassemblement républicain le 28 Septembre qui a réuni près de 2000 personnes en hommage à la mémoire d’Hervé Gourdel, guide de montagne, assassiné sauvagement par des islamistes en Algérie. « Les associations SOS Racisme, la LICRA, l’UEJF et le MRAP ont dit non aux stratégies de division des djihadistes et aux amalgames dont risquent d’être victimes à coup sûr les musulmans de France ». Le mouvement « Not In My Name », à travers lequel, de nombreux musulmans dans le monde ont manifesté leur indignation. Un  plan  d’action en faveur d’une intégration entière des harkis et de leurs familles à la communauté Nationale, présenté par le Premier Ministre à l’occasion de la juornée nationale d’hommage , dont l’une des 10 mesures vise à accorder une pleine reconnaissance aux anciens supplétifs de l’armée française en Algérie,  et une autre doit se traduire, à titre de réparation,  par des dispositions financières et sociales.

    RENCONTRES DE LA MEMOIRE

    La section LICRA de Vanves a apportée sa contribution comme l’a démontré sa présidente en revenant sur les temps forts de l’année précédente dont « les rencontres de la mémoire » en partenariat avec l’Education Nationale sont l’action la plus emblématique :  « Elles rassemblent les anciennes générations rescapées de la barbarie nazie et notre jeunesse dans les établissements scolaires, permettent d’éveiller les jeunes consciences aux valeurs emblématiques de notre pays : Promouvoir la valeur suprême de la dignité de l’être humain, promouvoir les valeurs de tolérance  de respect et de fraternité, rappeler que la connaissance et la raison triompheront toujours de l’ignorance, des fanatismes et de l’obscurantisme ».  5 classes de 3éme du collège Saint Exupéry et leurs professeurs d’Histoire ont accueilli ente le 29 Janvier et 7 février 2013 pendant deux après midi, Nicolas Roth, ancien déporté hongrois interné à Auschwitz. Après une plongée dans l’Histoire avec le documentaire « Hitler 1923- 1945 », « ce témoin a raconté son histoire devant des élèves attentifs et désireux d’en savoir toujours plus. Tortures, privations, humiliations, asservissement des corps et des âmes…Les 2 heures consacrées à ces moments qui resteront uniques dans la vie de ces collégiens suffisent rarement à étancher leur besoin de savoir. Si la transmission de l’histoire de la Shoah ne peut à elle seule faire reculer le racisme, et l’antisémitisme, elle peut y contribuer de manière importante en sensibilisant notamment les jeunes « aux conséquences ». Le souvenir de cette tragédie devra rester pour eux un avertissement constant ».

    DEVOIR D’INSTRUIRE

    « Cette action que vous menez dans les écoles et les collèges sont très important à entretenir » a déclaré Guy Janvier (PS) en témoignant comme Isabelle Debré de l’émotion qui les a saisie lors de la visite de Yad Vashem. « Il y a des justes qui ont pris des risques. Il faut continuer à travailler afin de ne pas oublier » a-t-il conclut. « Si on doit pardonner, on ne doit pas oublier » a déclaré de son côté Isabelle Debré (UMP)  en rappelant le titre d’un livre, « Pardonne mais n’oublie pas » d’une vanvéene rescapé de l’enfer qui vivait dans l’une des maisons de retraite de Vanves et  dessinait les visages de ses camps. « Simone Veil ne parle plus de devoir de mémoire mais de devoir d’instruire ». Ce que fait la LICRA de Vanves.