André Santini, maire d’Issy les Moulineaux (sur la photo lors d'une inauguration à Vanves avec Bernard Gauducheau ) est décédé à l’âge de 85 ans dans la nuit de dimanche à Lundi. Le plus ancien maire des Hauts de Seine s’est éteint dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin. Finalement il a réalisé son rêve de mort, comme il l’avait confié à Mireille Dumas dans le livre-entretien Maire célibataire, publié en 2019 : « c’est celui de Molière, mourir en scène. »
Figure incontournable de la vie politique locale, André Santini dirigeait la commune depuis 1980. Il avait été réélu lors des dernières élections municipales avec 47,93 % des suffrages exprimés, confirmant une nouvelle fois son ancrage dans cette ville de l’ouest parisien qu’il a profondément transformée au fil des décennies. Mais il n’avait toutefois pas pu mener campagne. Hospitalisé depuis octobre à la suite d’une grave chute et de problèmes cardiaques, il s’était fait très discret ces derniers mois. Depuis sa réélection, son état de santé s’était fortement dégradé.
C’est sans aucun doute une voix forte et haute en couleur qui vient de se taire. Longtemps porte-flingue de l’UDF, André Santini, bon vivant et amateur de cigares, était l’une des figures tutélaires des Hauts-de-Seine : il faisait partie des élus locaux qui étaient écoutés. Beaucoup de maires ((Denis Larghero à Meudon, Pierre Christophe Baguet à Boulogne, Bernard Gauducheau), de politique (Hervé Marseille), de jeunes élus et de fonctionnaires municipaux ont été formés à son école en ayant été élu dans son conseil conseil municipal, travaillé à son cabinet ou dans sa mairie.
Né le 20 octobre 1940 à Paris, dans le XIVe arrondissement, et issu d’une famille modeste aux racines corses, André Santini grandit à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine. Après des études de droit, de sciences politiques et de japonais, il débute sa carrière politique comme adjoint au maire en 1971. Il est repéré par Charles Pasqua avec lequel il créait l’Institut de formation, d’animation et de conseil (Ifac) dont l’objectif est de former des animateurs de centres de loisirs et surtout contrecarrer l’influence des établissements équivalents plutôt ancrés à gauche. Bernard Gauducheau en a été le directeur.
Mais c’est en 1977 que Charles Pasqua lui propose de voler de ses propres ailes et de s’implanter à Issy-les-Moulineaux qui est menacé de tomber dans les mains du parti communiste et de Guy Ducoloné alors député. Il permet à la majorité sortante de gagner de 44 voix grâce une liste écologiste sous marine. Il est élu maire adjoint à la jeunesse. Trois ans plus tard il s’installe dans le fauteuil de l’édile, qu’il n’a jamais quitté depuis…Ses 46 ans ont profondément métarmorphosés la ville. Les friches ont été transformées en nouveaux quartiers, qui accueillent des immeubles de bureaux à la pelle, mais aussi des résidences de bon standing.
Au cours de sa longue carrière politique, il a cumulé plusieurs autres fonctions : député des Hauts-de-Seine entre 1988 et 2017 de la 10e circonscription (Vanves-Issy), vice-président de la métropole du Grand Paris depuis 2016, président du Syndicat des eaux d'Île-de-France depuis 1983. Encarté à l'UDF puis à l'UDI, André Santini a aussi occupé des fonctions ministérielles sous Jacques Chirac (secrétaire d'État chargé des Rapatriés en 1986 et ministre délégué à la Communication en 1987) et Nicolas Sarkozy (secrétaire d'État à la Fonction publique en 2007).
Il a également été vice-président de l'Assemblée nationale en 1997 et 1998. Il a accaparé de nombreuses fonctions durant sa vie politique : à la tête du puissant Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) en 1983, l’édile a aussi conquis la présidence du comité de bassin de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, puis les vice-présidences de la Métropole du Grand Paris et de l’établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest… sans oublier la direction du Mouvement national des élus locaux.
En juin 2017, il quitte l’Assemblée nationale avec agacement. Il fait partie des grands défenseurs du cumul des mandats, il a même déposé une proposition de loi pour que tous les députés aient un mandat local.
C’est sans aucun doute une voix forte et haute en couleur qui vient de se taire. Longtemps porte flingue de l'UDF, André Santini, bon vivant et amateur de cigares, était l’une des figures tutélaires des Hauts-de-Seine : il faisait partie des élus locaux qui étaient écoutés. Célèbre pour ses saillies verbales aussi drôles que cruelles qui lui ont valu d’être trois fois lauréat du prix de l’humour politique.
Et notamment ce coup de griffe adressé au garde des Sceaux du gouvernement de Michel Rocard : « Saint Louis rendait la justice sous un chêne, Pierre Arpaillange la rend comme un gland. ». Ces rosseries humoristiques lui ont-elles coûté une carrière nationale ? Tous ces amis politiques en sont convaincus.
Beaucoup de témoignages et d’hommages, sur lesquels reviendra le Blog, commencent à être publié par communiqués ou sur les réseaux sociaux