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vanvesauquotidien - Page 2074

  • UNE HABITANTE DE VANVES TEMOIGNE SUR LA CHUTE DU RIDEAU DE FER

     Rencontre avec Hanka Nectoux-Frkalova qui a vécu la libération de la Tchécoslovaquie du carcan soviétique peu après la chute du mur de Berlin et malheureusement sa séparation en deux pays avec la Tchéquie où vivent encore ses parents et ses proches. Elle nous donne une  idée de la vie dans ces pays qui se trouvaient derrière le rideau de fer.

     

     

    Hanka Nectoux-Frkalova:

    « Le 9 Novembre 1989 ! C'était un jeudi, sans rien de spécial »

     

     

     

    VAQ - Quel est votre sentiment 20 ans après la chute du mur de Berlin ?

    Hanka Nectoux Frkalova : « C’est surtout l’ouverture des frontières qui nous a donné la liberté de voyager mais qui a aussi rendu notre pays plus fragile économiquement, avec l’arrivé du chômage que nous ne connaissions pas auparavant, l’apparition de produits bas de gamme et une baisse culturelle des émission télévisées grand public, avec les mêmes séries américaines qu’ici en France. Bref avec la chute du mur est arrivé la société de consommations et ses différents maux. Enfin il y a un plus grand individualisme qu’avant, surtout dans les jeunes générations qui ont peu connu l’ère soviétique !

     

    VAQ - Que faisiez-vous le 9 novembre 1989 ? Quels souvenirs avez-vous de ces jours ?

    H.N.F. : « Comme c’était un jeudi, sans rien de spécial,  comme pour toute lycéenne. A l’époque la censure régnait et habitant un bourg au milieu du pays, nous ne savions évidemment rien de ce qu’il se passait réellement en Allemagne et ailleurs  en Pologne ou Hongrie, également marquées par certains changements. Nous étions dans notre cocon bien gardés. C’est la raison pour laquelle, pendant un certain temps j’ai pensé que le mur n’était tombé qu’à la mi-décembre 89, quand nous l’avons appris.

     

    VAQ - Quelle était la vie dans les pays derrière le mur comme ?

    H.N.F. : « Je ne peux parler que de la mienne, en Tchécoslovaquie.  Notre pays a connu la démocratie avant malheureusement d’entrer dans le totalitarisme du bloc soviétique.  Le femme avait un droit de vote et pouvait être élue depuis en 1921, la séparation de l’église et de l’Etat existait depuis 1918, suite à la création de notre pays en 1918. Nous étions plus ou moins auto-suffisants, sur certains points. Nous ne connaissions pas trop de diversité. Certains produits étaient considérés comme produit de luxe ou bourgeois d’où leur prix excessif, ne correspondant pas à leur prix de fabrication tchèque, comme part exemple les machines à laver automatiques, des produits de nouvelles technologies, magnétoscopes, walk-men, chaîne hifi… Je dois dire que comparée à la Pologne ou la Roumanie, où existait le manque, presque la famine, nous étions heureux.

    Le Rideau de Fer se manifestait plutôt dans la liberté de penser. Nous étions obligés de manifester pour le 1er Mai et aussi fêter à l’école le 7 Novembre, la Révolution Russe. A l’école nous avions cours de sécurité civile, où l’on se préparait aux attaques des pays de l’Ouest, comment se cacher derrière une colline en cas de bombe nucléaire, que faire pendant une attaque biologique, avec dans chaque établissement scolaire des masques à gaz. Mais nous apprenions aussi à donner les premiers secours, arrêter une hémorragie, le bouche à bouche, etc. Nous avons aussi appris à tirer avec des carabines à air comprimé. J’étais fier de moi car j’étais une des plus rapide à l’école en montage et démontage de la Kalanichkof à 11ans. Chaque année,  nous étions obligés de ramener 1kg d’herbes médicales séchées au printemps et à l’automne, comme par exemple de l’églantier, des orties, du tilleul, pour l’industrie pharmaceutique et les ainés faisaient des collectes de vieux papier et métal pour notre industrie. …

    Mon premier souvenir marquant, j’avais 11 ou 12 ans, concerne un cours d’histoire sur l’année 1968. Notre maîtresse nous parlait assez confusément de contre révolution, des ennemis voulaient tout bouleverser, et qu’heureusement, nos amis russes, polonais, hongrois, sont venus nous sauver. Je ne comprenais pas très bien son discours, j’ai donc demandé à mes parents ce qu’il s’est passé. J’ai vu mon père avec des larmes dans les yeux, et ma mère me disant d’apprendre ce qui était écrit et de ne pas poser de questions.

    De temps en temps, on pouvait voir des manœuvres militaires de l’Alliance de Varsovie. A ces moments là, on rencontrait aussi des chars sur les routes.  On connaissait l’existence de la censure, les acteurs ou chanteurs ayant agit ou dit quelque chose contre le régime, étaient interdit, les films où ils ont joué aussi. Pendant ma première année au lycée (en 1987), le dernier jour d’école pour les étudiants bacheliers nous avions l’habitude de chanter ce jour là en remplacement des sonneries. L’un d’entre eux, un des plus brillants du lycée, qui avait son père responsable de l’hôpital, s’est mis à chanter une chanson interdite. Il lui a été immédiatement interdit de passer son bac, et à la place de ses études, il a dû travailler manuellement. Finalement il n’a fait son bac, qu’avec nous, après la Révolution.

     

    VAQ – Avez-vous d’autres exemples ?

    H.N.F. : « Une fois j’ai acheté un disque  à mon pére pour son anniversaire. C’était un chanteur populaire, très apprécié, qui avait aussi une décoration d’Etat, pour le travail qu’il faisait. Seulement, entre le jour où je l’ai acheté et le jour où nous avons fêté l’anniversaire de mon père, le chanteur n’est pas revenu de sa tournée aux Etats-Unis. Tous ses disques ont été détruits dans les magasins, et j’étais très fière de donner à mon père, quelque chose qui n’existait plus. Certains livres d’auteurs actuels anglophones étaient édités plutôt en Slovaquie où la censure était moins forte. C’est la raison pour laquelle j’ai lu tous les livres de l’écrivain Hailey en slovaque.

    Avant 1989, il faut savoir, par exemple, qu’il n’existait qu’une seule agence de voyage « Čedok » avec laquelle nous devions passer pour voyager et qui pratiquait des prix assez cher.  En Août 1987 lorsque j’avais 15 ans,  j’ai pu voir pour la première fois la mer… en Yougoslavie. Mais pour ce voyage mes parents  ont été obligés de faire une demande à l’automne 1986, la Yougoslavie étant alors considérée comme un pays plus libéral que socialiste. Ils ont dû donner des informations personnelles,  professionnelles, concernant leur travail, leurs activités extra professionnelles, leur appartenance à un parti politique et ou une association. Même chose quant à nos biens, nos prêt en cours, la famille proche restant au pays.  Il leur a fallu expliquer où nous allions ou nous comptions dormir et faire le budget pour ce séjour. Après acceptation de ce dossier (les Autorités ayant été rassurées sur notre retour) mes parents ont reçu l’autorisation pour des devises (d’argent étranger) selon le budget prévu et dans une certaine limite (pour être sur que nous ne migrerions pas).  Cet échange monétaire avait la particularité d’être irréversible, fonctionnant seulement des couronnes tchécoslovaques vers les dites devises sans réciprocité, les devises non utilisées à terme pouvant être échangées contre des bons d’achat dans des magasins spécialisés TUZEX (avec la vente de produits étrangers et nos destinées à l’export). A l’époque nous pouvions voir dans des grandes villes des « veqlaky » mot allemand signifiant « échange d’argent» (mais de manière illégale)

     

    VAQ - Quand est-ce que le mur est tombé dans votre pays ?

    H.N.F. : « Le 17 Novembre 1989. Nous attendions que quelque chose arrive déjà en 1988, parce que les années en « 8 » ont toujours été marquantes pour la destinée du pays. Il y a de plus en plus de gens qui se déplaçaient, cherchant des signataires de la Charte 77 ou quelques phrases significatives (Droits de l’Homme). Finalement cela aura attendu 1989.

    Au mois de Janvier, pendant la semaine de Jan Palach, il y a eut quelques tentatives de manifestations non autorisées, qui ont échouées. Finalement, c’est le 17 Novembre, pendant la manifestation autorisée des étudiants tchèques et SSM (rassemblement des jeunesses socialistes), le jour du 50ème anniversaire de l’assassinat de Neuf Représentants du Mouvement Etudiant et de la fermeture des universités par les Nazis.

    Cette manifestation, au début calme, a dévié de son parcours initial, en allant sur l’Avenue Nationale Národní třída à Prague et s’est transformé en une manifestation contre le Régime. Elle a été stoppée par la police. Pour mettre la population en colère, des dissidents ou services secrets étrangers ont fait circuler de fausses informations, notamment, suite à l’intervention policière, un étudiant est décédé. Ce qui a accentué effectivement la réaction de la population, les universités se mettant en grève, les théâtres aussi, mais la censure existait encore. Deux journaux, l’un du Parti Démocratique et l’autre des Jeunesses Socialistes, commencérent à se différencier de la brutalité du 17 Novembre.  Le dimanche 19, était créé Občanské Forum (OF) en Tchéquie et en Slovaquie Verejnost Proti Nasiliu (VPN) pour le Peuple contre l’Oppression. Vaclav Havel et Alexander Dubček ont fait leur réapparition dans la vie politique.

    Dans les campagnes nous étions plus où moins informés de ce qui se passait à Prague, les jeunes étant euphoriques, portant sur leur manteau des rubans tricolores pour montrer qu’ils étaient d’accord avec ce qui se passait à Prague. D’un autre côté on sentait une grande réticence des adultes, qui avaient peur que ne nous arrive la même chose qu’en 1968 et de voir nos vie gâchées si nous nous faisons trop remarqués. Pendant une semaine, Le Directeur du Lycée, nous a appelé  pour commenter la situation à Prague et pour que nous ne mettions pas en grève comme d’autres établissements, nous expliquant que tout était bien dans notre pays, que les manifestants et les pays de l’ouest voulaient détruire.

     

    A Suivre….

  • VANVES : LA CHUTE DU MUR DE BERLIN ET SES CONSEQUENCES

    Vanves et ses habitants ont vécu, de très près pour certains d’entre eux,  bien sûr,  ces journées autour du 9 Novembre 1989 dont les médias parlent beaucoup depuis plusieurs jours pour commémorer le 20 éme anniversaire : La chute du mur du Berlin mais aussi ses conséquences dans les autres pays de l’Est qui ont été considérables.  

     

    Gérard Orillard, maire de Vanves écrivait dans Vanves Infos de Décembre 1989 : « Je ne voudrais pas passer sous silence ce qui se passe à l’Est : comment ne pas se réjouir des événements qui libérent du joug socialo-marxistes, les peuples du dernier empire colonial de la planète. C’est la plus belle relance pour ceux qui, comme votre Maire, depuis 40 ans, dénonçaient – malgré les saccarmes de ceux qui ont aujourd’hui l’imprudence d’affirmer comme certains ministres « Je l’avais prévu » - cette négation de l’homme et des nationalités qui permit à Staline à ses successeurs d’asservir la moitié de l’Europe. Voilà l’Europe retrouvée ». Pascal Lorot, jeune conseiller Municipal et éconmiste à l’IFRE (Institut Français des Relations Internationales) spécialiste de l’Union Soviétique signait une tribune dans le Figaro quelques jours avant le 9 Novembre où il expliquait que « les difficultés économiques et financières » pouvaient « ajourner la perstroika ».

    Durant ce mois de Novembre 1989, Vanves avait vu se dérouler son 3éme forum de l’entreprise au gymnase du Plateau (Maurice Magne), le premier conseil municipal des jeunes était créé et élu, le maire protestait contre un projet de suppression de la gendarmerie, le Drapeau de l’Europe faisait son apparitioon pour la première fois lors des cérémonies patriotiques (du 11 Novembre), Pierre Bousquet, alors proviseur du lycée Michelet était décoré de l’Ordre National du Mérite par Maurice Druon, la ville lançait par une réunion publique de présentation, le projet du square Marceau.  Et puis en inaugurant le Lotissement Larmeroux, l’équipe municipale avait fait tomber un mur. Celui de l’un des services de l’Armée qui était installé à l’emplacement actuel du lotissement Larmeroux avec l’école maternelle Lemel, le garage et les ateliers municipaux.

     

    Vanves a plutôt vécu les conséquences de cette chute notamment avec la Roumanie : La mairie a organisée le jour même de Noël une collecte pour ce pays alors que tout le monde a vécu en direct grâce à la TV la chute, le procés et l’exécution du couple Ceaucescu. Elle a rapporté 61 531 Frs de dons et 40 m3 en vêtements alimentations et médicaments qui ont remplis 5 camions. Un vanvéen d’origine roumaine, Tudor Anescot, chef d’entreprise qui se trouvait être un ami proche du premier Premier Ministre roumain, Petre Roman,  d’après la dictature, s’était beaucoup mobilisé ce jour là : « Le dimanche de Noël, tôt le matin, j’étais sous le choc des images venues de Roumanie. Je pensais aller à la Mairie pour vois si, nous habitants de Vanves, nous pouvions faire quelque chose de plus. Au même moment, j’ai entendu les hauts parleurs qui invitaient les vanvées à venir apporter leur soutien à la Révolution roumaine. Avec mon épouse, nous nous sommes rendus à la mairie où nous avons passé toute la journée pour donner un coup de main à l’équipe qui recevait les dons, qui chargeait les camions » racontait il dans la presse locale. « En arrivant à la mairie, nous étions bouleversé par la tragédie roumaine. En repartant le soir, nous étions bouleversés par  l’image de tous ces gens animés d’un même élan, inimaginable de solidarité, de générosité envers leurs fréres roumains. Et quand dans notre boîte aux lettres, nous avons trouvé 200 frs dans une enveloppe sur laquelle était écrit « Pour la Roumanie libre », nous avons pleuré » racontait ce roumain installé alors à Vanves pendant 8 ans et qui considérait que « La France est la grande soerur de la Roumanie ».

    « Pour les roumains, la référence, l’inspiratrice a toujours été la France. Il ne faut pas s’étonner si certains d’entre eux, célébes, ont trouvé en France une seconde patrie et qu’à son tour la France les a considéré comme ses propres enfants : Eliade et A.Ciornu, Ionesco, Virgil Gheorghiu… » expliquait il avant de témoigner de la vie derrière le rideau de fer qui l’avait mené à quitter son  pays et à rejoindre la France « d’où je regardais amer et sans espoir ce qui se passait en Roumanie ».  Son rêve était de  voir un jour,  Vanves se jumeler avec une petite ville industrielle située à l’entrée des Carpates à 80 km au nord de Bucarerst : Cimpina. C’était en Novembre et en Décembre 1989 à Vanves.

  • RENCONTRE DE VANVES AU QUOTIDIEN AVEC UN SPECIALISTE DES FINANCES LOCALES SUR LA TAXE PROFESSIONNELLE

    Philippe Laurent : « La TP était un mauvais impôt…mais qui rapportait beaucoup

     

     

    Vanves Au Quotidien vous fait profiter de la rencontre de son auteur avec Philippe Laurent maire de Sceaux, Vice Président de l’AMF (Association des Maires de France), spécialiste  des finances locales sur les enjeux et les dangers de cette réforme de la Taxe Professionnelle, qui a donné lieu à une interview dans Première Heure, journal par Fax des Hauts de Seine.   Inscrite dans le PLF (Projet de Loi de finances) 2010, cette réforme est actuellement en discussion au Parlement, et fait des vagues surtout après la prise de position de Jean Pierre Raffarin et de 24 sénateurs qui ont annoncé qu’ils ne la voteront pas au Sénat. 

    Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, les collectivités locales se financent par un certain nombre de taxes indirectes sur l’électricité, les droits de mutation, et par trois principales taxes directes : La taxe professionnelle (TP), la taxe foncière sur les propriétés bâties et la taxe d’habitation. La TP est payée par tous les acteurs économiques en fonction, pour l’essentiel, des bâtiments occupés et des machines utilisées pour la production industrielle qui frappait beaucoup plus l’industrie que les services et les banques. "En 1999, Dominique Strauss Kahn (DSK), alors ministre, a supprimé  dans sa loi de finances, ce que l’on appelait la part salaire de la taxe professionnelle. Sachant qu’à l’origine, la TP était assise sur les salaires versés par l’entreprise et ses immobilisations. Il expliquait qu’elle était pénalisante pour l’emploi. Personne ne l’a prouvé. Par contre, pesant de plus en plus sur l’industrie, elle conduisait à la délocalisation. Personne ne conteste le fait qu’elle n’était peut être pas un impôt complètement adapté à la situation. Sa suppression en elle-même ne fait pas trop question !  C’est plutôt de savoir par quoi on la remplace, alors qu’elle rapporte 28 Milliards d’euros".

     

    Vanves Au Quotidien  – Justement ?

    Philippe Laurent  : « N’oublier pas comme pour tout impôt qu’elle concerne des contribuables et des collectivités locales. On s’est beaucoup occupé des contribuables. Le gouvernement a négocié  avec les organisations patronales, la CGPME, les professions libérales et a répondu à leurs attentes. Nous nous sommes retrouvés non pas avec un ré-équilibrage de la contribution économique aux collectivités locales entre industries qui devaient payer moins et services peut être plus, mais avec un système dans lequel il n’y avait pas de perdants. Moyennant quoi, s’il n’y a pas de perdants du côté contribuables, il y en a forcément du côté de ceux qui reçoivent, les collectivités locales, parce que de toute façon, cela diminue.

    Le gouvernement s’est aperçu courant Août 2009 qu’il fallait compenser... Mais compenser pour nous, ce n’est pas la même chose par de l’argent que l’on donne  (qui peut être remis en question) ou par de l’argent qui est issu de l’impôt (qui est pérenne), ce dernier système, sur lequel les élus ont des responsabilités,  étant beaucoup plus vertueux.

     

    VAQ – A quel système de substitution est on arrivé ?

    P.L. : « A un système composé de 4 grandes masses : La Cotisation Locale d’Activités qui est payé par l’entrepreneur et repose sur des valeurs foncières. Elle ne pose pas trop de problèmes, les collectivités pouvant en fixer le taux… Elle ne représente que 6 Milliards sur les 28 rapportés par la TP.  La Contribution Complémentaire qui est assise sur la valeur ajoutée de l’entreprise avec un taux national, ce qui veut dire que les collectivités locales ne pourront pas en fixer le taux. Elle représente 11 milliards. Enfin, toute une série de petites taxes créées ou revues ( sur les répartiteurs téléphoniques, les antennes de téléphonies mobiles, les éoliennes… ) qui permettent de dégager de 5 à 6 milliards, et une dotation de l’Etat.

     

    VAQ - Quels sont ses défauts ? 

    P.L. : « Il pose deux problèmes : Nous avons là des impôts qui ont une évolutivité qui n’a rien à voir avec celle de la TP. Elle était surtout un mauvais impôt, mais qui rapportait beaucoup, et dont la progression était relativement forte. Elle a permis aux collectivités locales d’investir depuis 30 ans sans augmenter leurs dettes, et sans trop augmenter les impôts sur les ménages. Là, on l’a remplace par un carburant moins tonique pour lequel on ne pourra voter le taux que sur un quart du montant. Par conséquent, nous perdons à la fois dynamisme, recettes, liberté et autonomie fiscale. L’inquiétude est très forte chez les élus parce que l’on sait que dans le futur, si l’on veut continuer à équiper le pays en matière de transports en commun, en installations dépolluantes, et à fournir des services, il nous faudra avoir une ressource dynamique.  Et c’est là la véritable inquiétude plus que la réforme territoriale

     

    VAQ – Que s’est il passé entre le gouvernement et les élus locaux depuis Août dernier ?

    P.L. : « Dés le printemps dernier, il y avait déjà des discussions entre la commission des finances de l’assemblée nationale avec Didier Migaud et Gilles Carrez et les associations d’élus sur le système nécessaire à mettre en place. Un certain nombre  des idées émises en Juin ont été reprises dans l’amendement Carrez à l’article 2 du PLF qu’il a complètement ré-écrit. Il concernait pour l’essentiel la cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée : L’Etat avait prévu au départ qu’elle soit prélevée entreprise par entreprise avec un taux sur la valeur ajoutée progressif par rapport au chiffre d’affaire.  Ainsi, par exemple,  les entreprises en dessous de 500 000 E ne payaient rien, au dessus c’était progressif à 01%, 0,3% de la valeur ajoutée jusqu’à 50 ME où elles payaient alors 1,5 % de la valeur ajoutée dégagée. L’argent collecté allait dans un fonds national qui était réparti entre les départements et les régions seulement, pas les communes et les communautés, en fonction de critères tenant compte de la population, des maisons de l’emploi, salariés… pas liés forcément à l’existence de telle ou telle activité sur place. Le lien avec le territoire était totalement distandu.

    Un des éléments de l’amendement est d’une part de recréer ce lien  et d’autre part, de faire bénéficier également les communes et les communautés de communes ou d’agglomérations de cette partie cotisation complémentaires. Comme tout ceci est fait enveloppe constante, si les communes ou les communautés perçoivent une part de cotisation complémentaires (2300 M€ sur un total de 11 Milliards) le reste allant aux départements et aux région, cela veut dire qu’elles perçoivent moins de taxe d’habitation, de taxe foncière bâtie, et qu’une part de celle-ci doit aller aux régions et aux départements.

    Les associations d’élus ont demandé plusieurs choses : Que les communes et communautés bénéficient de cette cotisation complémentaire, qu’il n’y ait plus de taux progressif qui empêche ce qu’on appelle la territorialisation de l’impôt. Or celle-ci est incompatible avec le taux progressif. C’est là-dessus qu’a eu lieu le bras de fer entre les députés et le gouvernement qui a refusé de revenir dessus. Par contre il a accepté la territorialisation.  Ce qui est totalement contradictoire. L’affaire n’est pas terminée car le sénat va devoir se saisir à nouveau de cette question. Notre combat est qu’il y ait un taux unique et non progressif sinon, nous aurons des inégalités très importante d’un territoire à l’autre selon le tissu économique. Ce qui n’est pas le but recherché.

     

    VAQ - Comment cela se présentera au Congrés de l’AMF à la mi-Novembre

    P.L. : « Je pense que les maires sont assez remontés, notamment ceux des villes moyennes et des communes rurales parce qu’ils ont le sentiment qu’avec la suppression de la TP,  ils ne verront aucunement le retour des efforts qu’ils font pour aménager et accueillir sur leur territoire des entreprise  et des activités économiques. C’est une très forte  crainte que je trouve fondé qui risque de creuser le fossé de l’incompréhension entre le gouvernement et les élus locaux. J’avoue ne pas très bien comprendre les raisons de l’entêtement du gouvernement sur cette affaire du taux progressif  avec la solution proposée par Gilles Carrez qui convenait globalement. Mais  on sait pourquoi : C’est parce qu’il a pris des engagements très forts vis à vis des PME sur lesquels il ne veut pas revenir. L’erreur principale commise a été de négocier d’abord avec les contribuables, puis ensuite avec les collectivités locales où là,  le gouvernement s’est emmêlé les pieds dans le tapis.

    En tous les cas, dans cette affaire les élus locaux se comportent de manière très responsables, parce qu’ils demandent plus de responsabilités fiscales. Ils seront  exactement dans la situation d’un jeune qui perçoit de l’argent de poche avec un montant défini par les parents sans pouvoir bouger et qui en fait ce qu’il veut. Alors que  notre situation était jusqu’à présent  celle d’un enfant qui ne perçoit pas d’argent de poche mais qui travaille pour gagner l’argent dont il a besoin. Nous ne voulons pas d’argent de poche de l’Etat.