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12 116 MAIRES GROGNONS AUX PORTES DE VANVES

Jamais Congrés des Maires ne fut aussi politique ! Jamais il n’a réuni autant de maires, 11 116 ! Jamais ils ne furent aussi assidus aux grandes et réactifs aux grands tables rondes consacrés notamment Mercredi aux réformes territoriales et de la taxe professionnelle à laquelle Bernard Gauducheau, maire de Vanves a participé.

 

ON MET LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS !

 

La grande salle de 4000 places aménagés dans le grand hall 4 du parc des Expositions était pleine à craquer. Notamment lors de l’Assemblée Générale et de la séance inaugurale de mardi après-midi suivi par plus de 7000 Maires avec le premier ministre et 21 membres du gouvernement qui se sont fait siffler à leur arrivée sur la tribune.  Certains criaient : « où est Sarko ! ». Peut être que le terrain avait été préparé… à gauche, mais pas autant qu’on pouvait le penser à droite. « On sait bien de quel côté se trouve la salle » s’est exclamé JF Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée et maire de Meaux. « Ce sont des maires de France dans leur diversité » a aussitôt répliqué le maire de Chalons sur Saöne. Il suffisait d’écouter les questions et les réactions des maires durant les débats sur le théme : « Touche pas à ma commune ». Une bonne dizaine tentaient de faire signer une pétition réclamant le retrait de la réforme territoriale à l’entrée du Congrès avec une banderole : « Pour sauver nos 36 686 communes ». D’autres élus PS distribuaient des auto-collants « Territoires en danger ». Beaucoup s’exprimaient devant les médias venus en nombre suivre cette séance inaugurale, plus sur la méthode qui suscitait « l’incompréhénsion » que sur le fond.  Anne Hidalgo, 1ére adjointe PS de Paris, bien connue à Vanves, expliquait « quand des maires de droite et de gauche expliquent que le pacte républicain est en danger, il faut les écouter ! »  Un maire adjoint UMP de Chaville,  gêné aux entournures, ajoutait : « C’est toujours affreux de se voir serrer la ceinture, même si cela obligera à faire attention aux dépenses ».  Une des vice présidentes de l’AMF expliquait que « la réforme n’est pas traitée dans le bon ordre. La suppression de la TP vient télescoper la réforme territoriale alors que la classification des compétences ne fera pas l’objet de discussion avant fin 2010, voire 2011. On met la charrue avant les bœufs ».

 

UNE TENSION PALPABLE

Il est vrai que la tension était palpable dés mardi matin, le discours du secrétaire général André Laignel  (PS) ayant préparé le terrain, chauffé à blanc, grâce  à quelques bonnes formules, sur « le dénigrement qui nous excède » avec mise en cause du nombre d’élus, de leur gestion, des coûts de fonctionnement,  jugés trop dépensiers et coupable de déficits, sur « l’opacité » la réforme de la fiscalité locale – « Le président avait prévu un Grenelle de la fiscalité locale, c’est devenu un Waterloo des finances publics » - et de la TP « qui n’est pas acceptable ». Jacques Pelissard, président de l’AMF (Association des Maires de France), entouré par l’ensemble du Bureau de l’AMF constatait alors que le rapport  de son secrétaire général « s’était transformé en discours engagé », lorsqu’il fut très longuement applaudi par une assemblée debout, certains s’exclamant : « Bravo dédé ». Ce qui l’a amené à appeler « avec solennité » ses collègues « maires républicains » de toutes couleurs « à accueillir le Premier Ministre avec respect »,  en ajoutant « la démocratie est d’écouter quel que soit l’interlocuteur ». Malheureusement pour lui,  Bertrand Delanoë dans ses mots d’accueils du Maire de Paris n’a rien arrangé : « Nous sommes en première ligne en des temps de crise pour des choses ingrates car les citoyens  se retournent vers nous. Qu’on nous prenne pour ce que nous sommes ! pas des élus fainéants, pas à se gauberger d’indemnités. On le fait par conviction, pour servir, pour créer de la cohésion dans la société. On préfère les critiques de nos concitoyens mais pas les propos condescendants sur notre manque de sérieux en matière budgétaire ».

 

« LAISSEZ MOI POURSUIVRE… »

François Fillon a tenté de faire baisser la tension en répondant aux préoccupations pendant prés d’une heure, en appelant quelquefois au calme « laissez moi poursuivre mon développement. Comme j’ai écouté votre association ! », en s’appuyant sur son expérience de maire, en faisant assaut de détails techniques, au risque d’ennuyer son auditoire qui réagissait tout de même, même si certains avaient pris le parti de quitter la salle. Il a ainsi expliqué à propos de la suppression de la TP que « c’est pour alléger les charges des entreprises et restaurer leur compétitivité » et que « la violence de la crise économique et l’exacerbation de la concurrence internationale justifie sa mise en oeuvre immédiate ». Christine Lagarde, ministre de l’Economie, en entrant plus dans les détails, le lendemain,  n’a pas dit autre chose durant la table ronde consacrée à la suppression de la TP : « L’objectif de la réforme est économique : développer l’emploi, éviter les délocalisations ». Philippe Laurent, Maire de sceaux lui  répondait « qu’en aucun cas, ce qui est en train fait autour de la TP ne peut être considéré comme une vraie réforme : C’est d’abord une aide aux entreprises – dont rien ne permet d’affirmer la réelle pertinence par ailleurs – ce n’est pas la construction d’un système de financement pérenne et responsabilisant de l’action publique locale ». 

 

« IL EST IMPORTANT D’AVANCER ENSEMBLE »

Et les ministres qui se sont succédés dans les différentes tables rondes n’ont pas changé de message dans une ambiance plus calme Mercredi et Jeudi, malgré quelques bronca. Preuve s’il en était besoin que tout dans ces réformes dépendait plus de la méthode que du fond. Car tous ceux qui ont parlé d’intercommunalités, de métropoles, de finances locales etc… qu’ils soient maires, présidents d’intercommunalité, parlementaires et présidents ou rapporteurs de commissions  ont reconnus qu’ils avançaient sur le fonds même si c’était difficile, avec des ouvertures côté gouvernement. J Pélissard l’a bien exprimé à travers ses différentes interventions : « On demande aux maires de s’inscrire dans le plan de relance et on leur rogne les ailes en amputant leurs ressources ». Il a salué le courage du gouvernement pour s’être attaqué à la réforme « extrêmement complexe de l’intercommunalité » tout en soulignant que « les élus n’avaient pas de vision globale de la future architecture territoriale proposée ». Il ne saurait être question d’accepter que  « les communes passent sous la coupe de structures suzeraines », pas plus que « l’Etat se substitue à la libre volonté des élus pour redessiner la carte de l’intercommunalité » a-t-il expliqué… en se félicitant de ses 11709 participants : « Ce qui prouve l’attractivité de l’AMF. Nous sommes mobilisés pour influencer l’AMF et porter nos convictions. Il est important d’avancer ensemble ».

 

Voilà ce qui s’est passé cette semaine aux portes de Vanves pendant 3 jours sur des questions qui concernent de très prés notre commune et nos élus que Vanves Au Quotidien aura l’occasion de solliciter pour connaître leur avis.

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